Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/182

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Mais, quoi ! il n’est pas même vrai que le numéraire s’exporte. Vous constatez vous-mêmes qu’il rentre à pleins chargements.

Moralité. Quand les hommes qui font la loi veulent se servir de leur puissance pour ôter à leurs concitoyens la liberté, cette maudite liberté, cette liberté si impopulaire aujourd’hui auprès de nos démocrates, — ils devraient au moins commencer par avouer qu’elle donne du pain au peuple, et affirmer ensuite, s’ils l’osent, que c’est là un affreux malheur.


31. — INFLUENCE DU LIBRE-ÉCHANGE SUR LES RELATIONS DES PEUPLES.


7 Mars 1847.


Se conserver, subsister, pourvoir à ses besoins physiques et intellectuels, occupe une si grande place dans la vie d’une nation, qu’il n’y a rien de surprenant à ce que sa politique dépende du système économique sur lequel elle fonde ses moyens d’existence[1].

Certains peuples ont eu recours à la violence. Dépouiller leurs voisins, les réduire en esclavage, telle fut la base de leur prospérité éphémère.

D’autres ne demandent rien qu’au travail et à l’échange.

Entre ces deux systèmes, il en est un, pour ainsi dire mixte. Il est connu sous le nom de Régime prohibitif. Dans ce système, le travail est bien la source de la richesse, mais chaque peuple s’efforce d’imposer ses produits à tous les autres.

Or, il nous semble évident que la politique extérieure d’un peuple, sa diplomatie, son action en dehors doit être toute différente, selon qu’il adopte un de ces trois moyens d’exister et de se développer.

  1. V. le chap. xix, des Harmonies. (Note de l’éditeur.)