Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/183

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C’est une leçon bien longue à apprendre que celle-ci : Voulez-vous prospérer ? laissez prospérer votre clientèle.

Mais quand elle sera sue, chacun cherchera son bien dans le bien général. Alors, les jalousies d’individu à individu, de ville à ville, de province à province, de nation à nation, ne troubleront plus le monde.




VI. — AUX ARTISANS ET AUX OUVRIERS[1].


Plusieurs journaux m’ont attaqué devant vous. Ne voudrez-vous pas lire ma défense ?

Je ne suis pas défiant. Quand un homme écrit ou parle, je crois qu’il pense ce qu’il dit.

Pourtant, j’ai beau lire et relire les journaux auxquels je réponds, il me semble y découvrir de tristes tendances.

De quoi s’agissait-il ? de rechercher ce qui vous est le plus favorable, la restriction ou la liberté.

Je crois que c’est la liberté, — ils croient que c’est la restriction ; — à chacun de prouver sa thèse.

Était-il nécessaire d’insinuer que nous sommes les agents de l’Angleterre, du Midi, du Gouvernement ?

Voyez combien la récrimination, sur ce terrain, nous serait facile.

Nous sommes, disent-ils, agents des Anglais, parce que quelques-uns d’entre nous se sont servis des mots meeting, free-trader !

Et ne se servent-ils pas des mots drawback, budget ?

Nous imitons Cobden et la démocratie anglaise !

Et eux, ne parodient-ils pas Bentinck et l’aristocratie britannique ?

  1. Ce chapitre est tiré du Courrier français (n° du 18 septembre 1846), dont les colonnes furent ouvertes à l’auteur pour repousser les attaques de l’Atelier. Ce ne fut que deux mois plus tard que parut la feuille du Libre-Échange. (Note de l’éditeur. )