Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 6.djvu/239

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profond entre les classes, elle a une influence immorale et crée des passions subversives.

Mais en est-il de même quand elle est le fruit du travail honnête, de transactions libres, et qu’elle se répand d’une manière uniforme sur toutes les classes ? Cela n’est vraiment pas soutenable.

Cependant les livres socialistes sont pleins de déclamations contre les riches.

Je ne comprends vraiment pas comment ces écoles, si diverses à d’autres égards, mais si unanimes en ceci, ne s’aperçoivent pas de la contradiction où elles tombent.

D’une part, la richesse, suivant les chefs de ces écoles, a une action délétère, démoralisante, qui flétrit l’âme, endurcit le cœur, ne laisse survivre que le goût des jouissances dépravées. Les riches ont tous les vices. Les pauvres ont toutes les vertus. Ils sont justes, sensés, désintéressés, généreux ; voilà le thème adopté.

Et d’un autre côté, tous les efforts d’imagination des Socialistes, tous les systèmes qu’ils inventent, toutes les lois qu’ils veulent nous imposer, tendent, s’il faut les en croire, à convertir la pauvreté en richesse . . . . . . . . .

Moralité de la richesse prouvée par cette maxime : Le profit de l’un est le profit de l’autre[1]. . . . . . . . . . .




  1. Cette dernière indication de l’auteur n’est accompagnée d’aucun développement. Mais divers chapitres de ce volume y suppléent. Voir notamment Propriété et Communauté, Rapport de l’économie politique avec la morale, et Solidarité. (Note de l’éditeur.)