Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/183

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la libre communication des peuples, celle qui s’épuise en efforts inouïs pour jeter vers nos frontières des lignes de fer qui n’y doivent rencontrer que la barrière de la prohibition, la ville enfin qui a été, en Europe, le berceau de toutes les libertés, on peut s’étonner à bon droit que sa sympathie pour la liberté d’échanger ne se soit manifestée que par une coopération aussi modique.

Mais si la liste de nos souscripteurs n’est pas très-longue, elle présente des noms bien faits pour relever notre confiance. Elle vous a été lue. Je n’y reviendrai pas. Je dirai seulement que notre seconde liste, ouverte le 10 mai, présente déjà des adhésions nouvelles et importantes.

Le compte des dépenses n’est pas moins instructif. Elles s’élèvent en tout à 18 000 francs ; savoir : 9 000 pour le journal, et 9 000 pour tout le reste.

Le premier acte de toute œuvre de propagande est la fondation d’un journal. Un journal, c’est la vie, la pensée, le lien, l’organe de toute association. Quelle que fût l’importance des autres moyens que nous aurions désiré mettre en œuvre, nous devions les subordonner tous aux ressources qui nous resteraient après que l’existence de notre journal serait assurée. Or, vous le savez, Messieurs, le cautionnement, le timbre, la poste rendent ces entreprises difficiles. Rien n’est devenu plus hasardeux en France que la fondation d’un journal depuis l’invention de la presse à bon marché, depuis qu’elle est constituée sur ce singulier cercle vicieux : Voulez-vous des abonnés, ayez préalablement des annonces ; voulez-vous des annonces, ayez préalablement des abonnés. Aussi, même en y consacrant la moitié de nos ressources, nous n’aurions pu venir à bout de cette œuvre sans le concours efficace de Bordeaux, Marseille et Lyon.

C’est donc 9 000 francs qui nous sont restés pour faire face à tous nos autres moyens de propagande. De cette somme, veuillez déduire par la pensée les frais accessoires, achat de