Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/242

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par la liberté d’échanger, la faculté de produire le maximum de valeur avec le minimum de travail, la lieue carrée fournira autant de bien-être que l’état des connaissances, de l’activité, de l’ordre et de l’économie individuelle le permettra.

Ce bien-être tendra à se répartir d’une manière toujours plus égale ; car les services les plus rétribués étant les plus recherchés[1], il sera impossible d’acquérir d’immenses fortunes ; d’autant que la modicité de l’impôt n’admettra ni grands marchés publics, ni emprunts, ni agiotage, sources des fortunes scandaleuses que nous voyons s’accumuler dans quelques mains.

Cette petite communauté étant intéressée à n’attaquer personne, et toutes les autres étant intéressées à ne pas l’attaquer, elle jouira de la paix la plus profonde.

Les citoyens s’attacheront au pays, parce qu’ils ne s’y sentiront jamais froissés et restreints par les agents du pouvoir ; et à ses lois, parce qu’ils reconnaîtront qu’elles sont fondées sur la justice.

Convaincu que ce système, qui a au moins le mérite d’être simple et de respecter la dignité humaine, est d’autant meilleur qu’il s’applique à un territoire plus étendu et à une population plus nombreuse, parce que c’est là qu’on obtient le plus de sécurité avec le moins d’impôts ; nous en concluons que s’il réussit sur une commune il réussira sur la nation.



  1. En ce sens qu’ils attirent le plus la concurrence.(Note de l’éd.)