Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/244

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comprend la liberté aux États-Unis, et cette expérience vaut bien celles qu’on a faites en Europe du monopole. Il est à remarquer qu’aucun des hommes qui appartiennent à cette école, connue sous le nom d’école économiste, n’a été appelé dans aucune des commissions qu’on vient d’organiser.

Qu’ils aient été tenus éloignés des fonctions publiques rétribuées, cela n’est pas surprenant. Ils s’en sont tenus éloignés eux-mêmes, et ils le devaient, puisque leur idéal est de réduire les places à ce qui est indispensable pour maintenir l’ordre, la sécurité intérieure et extérieure, le respect des personnes et des propriétés, et, tout au plus, la création de quelques travaux d’utilité nationale.

Mais que l’on dédaigne systématiquement leur témoignage dans de simples enquêtes, c’est un symptôme significatif ; il prouve que le torrent nous entraîne vers le développement illimité de l’action gouvernementale, vers la compression indéfinie de la vraie liberté.


54. — CURÉE DES PLACES[1].


Tous les journaux, sans exception, s’élèvent contre la curée des places dont l’Hôtel de ville donne le triste spectacle. Cette rapacité effrénée nous indigne et nous dégoûte plus que personne.

Mais enfin il faut voir la cause du mal, et il serait puéril d’exiger que le cœur humain fût fait autrement qu’il n’a plu à la nature de le faire.

Dans un pays où, depuis un temps immémorial, le travail libre est partout gêné et comprimé, où l’éducation propose

  1. N° du 5 mars 1848 de la République française. (Note de l’éd.)