Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/283

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ÉBAUCHES


67. — SOPHISMES ÉLECTORAUX.


Je suis engagé.

Je ne nomme pas M. tel, parce qu’il ne m’a pas demandé mon suffrage.

Je vote pour M. tel, parce qu’il m’a rendu service.

Je vote pour M. tel, parce qu’il a rendu des services à la France.

Je vote pour M. tel, parce qu’il m’a promis un service.

Je vote pour M. tel, parce que je désire une place.

Je vote pour M. tel, parce que je crains pour ma place.

Je vote pour M. tel, parce qu’il est du Pays.

Je vote pour M. tel, parce qu’il n’est pas du Pays.

Je vote pour M. tel, parce qu’il parlera.

Je vote pour M. tel, parce que s’il n’est pas nommé, notre préfet ou notre sous-préfet seront destitués.

Chacun de ces sophismes a son caractère spécial, mais il y a aussi au fond de chacun d’eux quelque chose qui leur est commun et qu’il s’agit de démêler.

Tous reposent sur cette double donnée :

L’élection se fait dans l’intérêt du candidat.

L’électeur est propriétaire exclusif d’une chose, à savoir : son suffrage, dont il peut disposer à sa guise et en faveur de qui il l’entend.

La fausseté de cette doctrine et l’application qui en est faite journellement ressortiront de l’examen auquel nous allons nous livrer.