Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/417

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condamnés à la déportation, ainsi que Guinard. Je n’ai pas assez suivi les débats pour avoir une opinion. Je m’incline devant la justice et regrette seulement que la défense ait été circonscrite dans ses moyens. C’est toujours un fâcheux précédent. — L’autorité de la cause jugée n’y gagne pas.

Vous avez sans doute appris mon rapide voyage en Angleterre. Parti le lundi soir après la séance, j’étais de retour le samedi matin ; et pendant quatre jours je n’ai vu que grandes choses et grands hommes, du moins selon mon jugement.

En arrivant, j’ai reçu une sorte de cartel fort courtois des socialistes. Il s’agit de discuter à fond devant le public ouvrier, et contre Proudhon, la question de savoir si l’intérêt des capitaux est légitime : question plus difficile et plus dangereuse que celle de la propriété, en ce qu’elle est plus générale. J’ai cru pouvoir faire quelque bien en acceptant la lutte.

À ce propos, je vous dirai, mon cher Domenger, que les électeurs landais pourront bien se lasser de mon inaction apparente. Il est vrai que j’ai le travail capricieux ; il faut me prendre avec mes défauts. Mais je crois sincèrement que le danger actuel n’est ni au pouvoir ni à l’Assemblée ; il est dans les égarements de l’opinion populaire. C’est aussi de ce côté que je porte mes faibles efforts. Je souhaite que le bon sens de nos compatriotes leur fasse comprendre que chacun a sa mission en ce monde et que je remplis la mienne.




25 décembre 1849.

Je ne puis vous écrire que quelques mots, car mon rhume m’a mis sur le flanc. Je vous assure qu’il me rend l’existence pénible.