Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, X.djvu/119

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un procès-verbal qui vous sera fort désagréable. »

Pitolet, malin, ajouta : « Et qui pourra nuire gravement à votre honneur et à votre avancement futur. »

Lesable, atterré, les regardait. Que faire ? Il songea à gagner du temps : « Messieurs, vous aurez ma réponse dans dix minutes. Voulez-vous l’attendre dans le bureau de M. Pitolet ? »

Dès qu’il fut seul, il regarda autour de lui, comme pour chercher un conseil, une protection.

Un duel ! Il allait avoir un duel !

Il restait palpitant, effaré, en homme paisible qui n’a jamais songé à cette possibilité, qui ne s’est point préparé à ces risques, à ces émotions, qui n’a point fortifié son courage dans la prévision de cet événement formidable. Il voulut se lever et retomba assis, le cœur battant, les jambes molles. Sa colère et sa force avaient tout à coup disparu. Mais la pensée de l’opinion du ministère et du bruit que la chose allait faire à travers les bureaux réveilla son orgueil défaillant, et, ne sachant que résoudre, il se rendit chez le chef pour prendre son avis.

M. Torchebeuf fut surpris et demeura perplexe. La nécessité d’une rencontre armée ne