Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, X.djvu/203

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L’homme, allumé, le pressait.

— Hein, du gros, allons, dis quoi, on pourra s’entendre.

Labouise, qui semblait perplexe, fit mine de consulter Maillochon de l’œil, puis il répondit d’une voix lente :

— V’là l’affaire. J’étions embusqué à l’Éperon quand quéque chose nous passe dans le premier buisson à gauche, au bout du mur.

— Mailloche y lâche un coup, ça tombe. Et je filons, vu les gardes. Je peux pas te dire ce que c’est, vu que je l’ignore. Pour gros, c’est gros. Mais quoi ? si je te le disais, je te tromperais, et tu sais, ma sœur, entre nous, cœur sur la main.

L’homme, palpitant, demanda :

— C’est-i pas un chevreuil ?

Labouise reprit :

— Ça s’peut bien, ça ou autre chose ? Un chevreuil ?… Oui… C’est p’t-être pus gros ? Comme qui dirait une biche. Oh ! j’ te dis pas qu’c’est une biche, vu que j’ l’ignore, mais ça s’ peut !

Le gargotier insistait :

— P’t-être un cerf ?

Labouise étendit la main :

— Ça non ! Pour un cerf, c’est pas un cerf, j’te trompe pas, c’est pas un cerf. J’ l’au-