Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, X.djvu/85

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son désir ne s’était point encore réalisé, elle conçut des doutes et devint pressante ; et elle donnait tout bas des conseils à Cora, des conseils pratiques, en femme qui a connu bien des choses, autrefois, et qui sait encore s’en souvenir à l’occasion.

Mais un matin elle ne put se lever, se sentant indisposée.

Comme elle n’avait jamais été malade, Cachelin, très ému, vint frapper à la porte de son gendre : « Courez vite chez le docteur Barbette, et vous direz au chef, n’est-ce pas, que je n’irai point au bureau aujourd’hui, vu la circonstance. »

Lesable passa une journée d’angoisses, incapable de travailler, de rédiger et d’étudier les affaires. M. Torchebeuf, surpris, lui demanda : « Vous êtes distrait, aujourd’hui, monsieur Lesable ? » Et Lesable, nerveux, répondit : « Je suis très fatigué, cher maître, j’ai passé toute la nuit auprès de notre tante dont l’état est fort grave. »

Mais le chef reprit froidement : « Du moment que M. Cachelin est resté près d’elle, cela devrait suffire. Je ne peux pas laisser mon bureau se désorganiser pour des raisons personnelles à mes employés. »

Lesable avait placé sa montre devant lui sur sa table, et il attendait cinq heures avec une impatience fébrile. Dès que la grosse