Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/267

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


les voisins, amis ou ennemis, lui demandaient, par manière de plaisanterie :

— C’est-il té qui vas faire le chœur de l’église ?

Il ne trouvait rien à répondre, mais il rageait, il rageait ferme.

Les malins ajoutaient :

— C’est un bon ouvrage ; y aura pas moins de deux à trois cents de profit.

Deux jours plus tard, on savait que la réparation serait confiée à Célestin Chambrelan, le menuisier de Percheville. Puis on démentit la nouvelle, puis on annonça que tous les bancs de l’église allaient aussi être refaits. Ça valait bien deux mille francs qu’on avait demandés au ministère. L’émotion fut grande.

Théodule Sabot n’en dormait plus. Jamais, de mémoire d’homme, un menuisier du pays n’avait exécuté une pareille besogne. Puis une rumeur courut. On disait tout bas que le curé se désolait de donner ce travail à un ouvrier étranger à la commune, mais que cependant les opinions de Sabot s’opposaient à ce qu’il lui fût confié.

Sabot le sut. Il se rendit au presbytère à la nuit tombante. La servante lui répondit que le curé était à l’église. Il y alla.

Deux demoiselles de la Vierge, vieilles