Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/268

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filles suries, décoraient l’autel pour le mois de Marie, sous la direction du prêtre. Lui debout au milieu du chœur, gonflant son ventre énorme, dirigeait le travail des deux femmes qui, montées sur des chaises, disposaient des bouquets autour du tabernacle.

Sabot se sentait gêné là dedans, comme s’il fût entré chez son plus grand ennemi, mais le désir du gain lui picotait le cœur. Il s’approcha, la casquette à la main, sans même s’occuper des demoiselles de la Vierge qui demeuraient saisies, stupéfaites, immobiles sur leurs chaises.

Il balbutia :

— Bonjour, monsieur le curé.

Le prêtre répondit sans le regarder, tout occupé de son autel :

— Bonjour, monsieur le menuisier.

Sabot, désorienté, ne trouvait plus rien. Après un silence, il dit cependant :

— Vous faites des préparatifs ?

L’abbé Maritime répondit :

— Oui, nous approchons du mois de Marie.

Sabot, encore, prononça : « Voilà, voilà », puis se tut.

Il avait envie maintenant de se retirer sans parler de rien, mais un coup d’œil jeté dans le chœur le retint. Il aperçut seize stalles à