Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/46

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
38
LA DOT.

porter tant d’argent dans votre portefeuille. Et le jeune notaire souriait.

— Ne vous inquiétez de rien, beau-papa, j’ai l’habitude de ces choses-là. Vous comprenez que, dans ma profession, il m’arrive quelquefois d’avoir près d’un million sur moi. De cette façon, au moins, nous évitons un tas de formalités et un tas de retards. Ne vous inquiétez de rien.

L’employé criait :

— Les voyageurs pour Paris en voiture.

Ils se précipitèrent dans un wagon où se trouvaient deux vieilles dames.

Lebrument murmura à l’oreille de sa femme :

— C’est ennuyeux, je ne pourrai pas fumer.

Elle répondit tout bas :

— Moi aussi, ça m’ennuie bien, mais ça n’est pas à cause de ton cigare.

Le train siffla et partit. Le trajet dura une heure, pendant laquelle ils ne dirent pas grand-chose, car les deux vieilles dames ne dormaient point.

Dès qu’ils furent dans la cour de la gare Saint-Lazare, maître Lebrument dit à sa femme :

— Si tu veux, ma chérie, nous allons d’abord déjeuner au boulevard ; puis nous re-