Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/239

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coffre du ciel. C’était une sorte d’immense maison de commerce dont les curés étaient les commis, commis sournois, rusés, dégourdis comme personne, qui faisaient les affaires du bon Dieu au détriment des campagnards.

Il savait fort bien que les prêtres rendaient des services, de grands services aux plus pauvres, aux malades, aux mourants, assistaient, consolaient, conseillaient, soutenaient, mais tout cela moyennant finances, en échange de pièces blanches, de bel argent luisant dont on payait les sacrements et les messes, les conseils et la protection, le pardon des péchés et les indulgences, le purgatoire et le paradis, suivant les rentes et la générosité du pécheur.

L’abbé Raffin, qui connaissait son homme et qui ne se fâchait jamais, se mit à rire.

— Eh bien ! oui, je lui raconterai ma petite histoire, à ton père, mais toi, mon garçon, tu y viendras, au sermon. Houlbrèque tendit la main pour jurer :

— Foi d’pauvre homme, si vous faites ça pour mé, j’le promets.

— Allons, c’est bien. Quand veux-tu que j’aille le trouver, ton père ?