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LES CARESSES.

qu’à voix basse. Leur acte affreux est enveloppé de honte. Il se cache, révolte l’âme, blesse les yeux, et, honni par la morale, poursuivi par la loi, il se commet dans l’ombre, comme s’il était criminel.

Ne me parlez jamais de cela, jamais !

Je ne sais point si je vous aime, mais je sais que je me plais près de vous, que votre regard m’est doux et que votre voix me caresse le cœur. Du jour où vous auriez obtenu de ma faiblesse ce que vous désirez, vous me deviendriez odieux. Le lien délicat qui nous attache l’un à l’autre serait brisé. Il y aurait entre nous un abîme d’infamies.

Restons ce que nous sommes. Et… aimez-moi si vous voulez, je le permets.

Votre amie,

Geneviève.


Madame, voulez-vous me permettre à mon tour de vous parler brutalement, sans ménagements galants, comme je parlerais à un ami qui voudrait prononcer des vœux éternels ?

Moi non plus, je ne sais pas si je vous aime. Je ne le saurais vraiment qu’après cette chose qui vous révolte tant.