Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/64

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avec la joie d’un homme dont on vient de sauver la vie.

Donc il retourna s’asseoir ; mais presque aussitôt le désir le reprit de regarder de nouveau par la fenêtre. Depuis que le rideau était tombé, elle faisait une sorte de trou sombre attirant, redoutable, sur la campagne obscure. Pour ne point céder à cette dangereuse tentation, il se dévêtit, souffla ses lumières, se coucha et ferma les yeux.

Immobile, sur le dos, la peau chaude et moite, il attendait le sommeil. Une grande lumière tout à coup traversa ses paupières. Il les ouvrit, croyant sa demeure en feu. Tout était noir, et il se mit sur son coude pour tâcher de distinguer sa fenêtre qui l’attirait toujours, invinciblement. À force de chercher à voir, il aperçut quelques étoiles ; et il se leva, traversa sa chambre à tâtons, trouva les carreaux avec ses mains étendues, appliqua son front dessus. Là-bas, sous les arbres, le corps de la fillette luisait comme du phosphore, éclairant l’ombre autour de lui !

Renardet poussa un cri et se sauva vers son lit, où il resta jusqu’au matin, la tête cachée sous l’oreiller.

À partir de ce moment, sa vie devint into-