Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/67

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ne guérirait pas, qu’il n’échapperait jamais à la persécution sauvage de sa mémoire ; et il se résolut à mourir, plutôt que de supporter plus longtemps ces tortures.

Alors il chercha comment il se tuerait. Il voulait quelque chose de simple et de naturel, qui ne laisserait pas croire à un suicide. Car il tenait à sa réputation, au nom légué par ses pères ; et si on soupçonnait la cause de sa mort, on songerait sans doute au crime inexpliqué, à l’introuvable meurtrier, et on ne tarderait point à l’accuser du forfait.

Une idée étrange lui était venue, celle de se faire écraser par l’arbre au pied duquel il avait assassiné la petite Roque. Il se décida donc à faire abattre sa futaie et à simuler un accident. Mais le hêtre refusa de lui casser les reins.

Rentré chez lui, en proie à un désespoir éperdu, il avait saisi son revolver, et puis il n’avait pas osé tirer.

L’heure du dîner sonna ; il avait mangé, puis était remonté. Et il ne savait pas ce qu’il allait faire. Il se sentait lâche maintenant qu’il avait échappé une première fois. Tout à l’heure il était prêt, fortifié, décidé, maître de son courage et de sa résolution ; à présent,