Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/180

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dans une route dont les sentiers sont pénibles et dangereux ; ils ne voient que les difficultés sans être animés de la gloire qu’il y aurait à les vaincre. Leurs cœurs se sentent émus à la vue des malheureux sur lesquels pèsent l’injustice et l’oppression ; mais ils n’ont point la force d’alléger le fardeau qui les accable. C’est ainsi que les abus s’enracinent et se multiplient, que les maux de toute espèce se perpétuent ; voilà comment les droits de l’homme sont abandonnés et anéantis.

Combien M. DUPATY était au dessus de ces craintes qui ne sont faites que pour les petites ames ! Faut-il combattre les préjugés barbares qui, en interceptant la lumière, s’opposent aux progrès de la raison ; approcher de nos lois le flambeau de la philosophie ; attaquer les erreurs qui sont la source de presque tous les maux qui affligent le genre humain ; venger l’humanité des outrages qu’elle a reçus ; alors son ame s’élève avec transport, elle semble prendre de nouvelles forces ; aucune considération ne l’arrête ; il brave, et les traits de l’envie, et les injustices de l’amour-propre. Il n’est pas retenu par les plaintes et les murmures de ces esprits faibles et timides qui appellent innovation, ce qui n’est que le rétablissement de l’ordre, et un meilleur état des choses.

Avec quelle fermeté héroïque il entreprend la justification de trois accusés, dont l’innocence avait été envoyée au supplice ! Condamnés par un tribunal supérieur, à subir la peine réservée aux scélérats ; sans appui, sans défense, parce qu’ils sont pauvres et obscurs, ils vont bientôt grossir la foule des malheureuses victimes de nos lois criminelles. Déjà la barre fatale est levée, elle est prête à frapper Le protecteur magnanime des opprimés court se jeter aux pieds du Trône ; il implore, il obtient, au nom de la justice et de l’humanité, que les coups terribles soient suspendus ; que le sang des trois citoyens ne coule point avant qu’un nouveau jour ait versé une lumière pure et sans tache, sur les preuves du crime dont on les accuse.

Arrêtez, magistrat sensible et généreux : vous allez faire