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œuvres poétiques de maximilien robespierre

comme on le crut pendant longtemps ; dans le discours qu’à cette occasion lui adressa Le Gay, son collègue du barreau d’Arras, celui-ci fait allusion, en effet, à des œuvres du récipiendaire postérieures à 1782, à son mémoire couronné par l’Académie de Metz (1784), à son discours sur la Législation qui règle l’état et le sort des bâtards (1785).

Robespierre avait alors vingt-neuf ans ; il était d’un physique agréable et très soigné de sa personne ; il avait l’abord sympathique, le naturel doux et enjoué ; il aimait à la passion les oiseaux et les fleurs ; ses études, tant à Arras qu’au Collège Louis-le-Grand, à Paris, avaient été en tout point remarquables ; il avait été lauréat au Concours général ; enfin, ses débuts au Palais avaient été particulièrement brillants ; voici en quels termes flatteurs l’avocat Le Gay l’accueillit au sein de la société :

« Monsieur,

« Celui dont la plume énergique a combattu avec succès un préjugé qui associe, dans le siècle le plus éclairé, l’innocent à la punition du coupable, imprime sur le front du premier la tâche ineffaçable de l’infamie, le frappe d’une espèce de mort civile en le condamnant à l’inutilité ; celui dont la voix s’est élevée, avec non moins d’éloquence, contre une erreur de la législation qui prive d’une partie des droits communs à tous les citoyens l’enfant malheureux auquel se cachent inhumainement un père et une mère honteux de sa naissance ; celui qui, dès ses premiers pas dans la carrière du barreau, a arrêté sur lui les regards de ses compatriotes, celui-là semble d’abord plutôt fait pour sièger dans les Académies que pour partager avec nous le banc du gazon où nous nous enivrons, la coupe de Bacchus en main, des parfums voluptueux de la rose, née du sang d’Adonis.

« Les grands talents nous sont chers, surtout lorsque, comme les vôtres, Monsieur, ils sont toujours dirigés vers un but utile ; nous suivions avec l’intérêt le plus vif les graduations de leur développement.