Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/251

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III

POÉSIES DIVERSES




L’HOMME CHAMPÊTRE[1]


  Heureux l’homme de la nature
Qui, loin de l’homme faux, loin de l’homme de cœur,
Cultive un petit champ et peut, à son retour.
Manger en paix, dans sa cabane obscure,
Le pain que, sous le poids du jour.
Son travail généreux a gagné sans murmure !
Il voit avec plaisir sa femme et ses enfants
Préparer, de leurs mains diligentes et chères,
  Le mets simple et les vêtements
Qui lui sont devenus à la fin nécessaires.

  Qu’il est riche ! qu’il est heureux
  Celui qui vit dans l’indigence !
  Au ciel adresse-t-il des vœux ?
  Ils sont formés par l’espérance.

  1. Cette pièce a été publiée une première fois par M. Jean-Bernard, dans La Révolution Française Revue historique, t. IX, 1885, p. 396 sous le titre : « Une poésie de Maximilien Robespierre » et, à nouveau, à la page 66 de son ouvrage : Quelques vers de Robespierre ; l’auteur fait précéder la poésie de ce commentaire : « Dans cette signature toute baignée de brillante rosée, il nous semble apercevoir la légendaire maison blanche de Rousseau, bâtie sur le coteau, avec les contrevents verts, aimés du poète genevois. « En songeant à la fin dramatique du futur conventionnel, ou ne peut se défendre d’un sentiment de mélancolie pour celui qui enviait cette vie simple, toute de travail paisible, égayée par des chansons, vie qu’il considérait comme le seul bonheur. »