Page:Œuvres de C. Tillier - I.djvu/25

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son biographe et ami, par un témoin de toute sa vie, qui a su bien voir et bien dire ! Voilà même encore son portrait placé ici en tête de ses œuvres, portrait ressemblant, fait sur nature par un habile artiste : cheveux et barbe incultes, large front, œil d’aigle, pommettes fortes, bouche fine, amie de la pipe, voyez !… Eh bien ! le connaissez-vous maintenant tout entier ? Eh bien, non ! vous le connaîtrez encore mieux dans ses œuvres. Certes, tous ces renseignements sont utiles, précieux, importants, quand ils concordent bien avec le reste ; mais ils ne valent pas, croyez-moi, les œuvres mêmes. Non, tout ce que nous raconteront de lui ceux qui l’ont vu et entendu, ne vaudra jamais ce qu’il vous dira lui-même. Nous saurons encore mieux l’homme intérieur, et même l’homme extérieur, tout lui, corps et ame, quand nous l’aurons bien lu.

Nous saurons mieux, par exemple, toute l’énergie, toute la vigueur de sa mâle personne, de sa ferme organisation, quand nous aurons lu et relu ces lignes puissantes, cette page robuste qui semble arrachée d’un livre même de Juvénal :


« Un autre sujet d’étonnement pour moi, c’est que cette Italie, si bien pourvue de reliques, si largement tonsurée et qui a bu tant d’eau bénite, soit pourtant si malheureuse ; et Rome elle-même, sa destinée est-elle bien brillante ? Tous les jours je me demande pourquoi elle ne fait point du noir animal