Page:Œuvres de Chapelle et de Bachaumont.djvu/121

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Ne prends le gibier qu’à la broche,
Comme les clercs de la bazoche ;
Tu ne craindras point la taloche
D’un cerf, ni qu’un sanglier t’accroche,
Ou qu’une branche l’œil te poche,
Qu’un chicot déchire ta poche,
Qu’il te vienne au pied quelque cloche,
Que le trot d’un cheval te hoche,
Qu’il tombe, qu’il bronche ou qu’il cloche,
Ou qu’il ait quelque fer qui loche.
Viens donc, et que nulle anicroche
N’embarrasse plus ta caboche ;
Tu seras gras comme une coche
Cent ans, sans faire sonner cloche,
Sans que pour toi fosse on pioche,
Et sans humer suc de bouroche.
Viens, te dis-je, prends la galoche,
Vite comme un trait qu’on décoche,

À cheval ou dedans un coche.

Assis là tout près d’une huche,
Sur qui maint garnement se juche
Pour mieux hausser gondole et cruche,
Pendant qu’autour mainte guenuche
Toutes les nouvelles épluche,
En bourdonnant comme une ruche,
Emmitoufle-toi dans ta pluche ;
Cet an l’almanach de Coluche
Nous menace de coqueluche.
Adieu, ton valet je me huche.