Page:Œuvres de Chapelle et de Bachaumont.djvu/122

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


LETTRE À MONSIEUR MOREAU1.

Je ne vous ferai point ici la description de la maison de Saint-Lazare, où je suis, puisque je vous la vais faire en vers. Je me contenterai seulement de vous dire, pour vous exciter à compassion, que je suis dans un lieu où on me donne tout ce qui m’est inutile et rien de ce qui m’est nécessaire. J’ai un bénitier, et je n’ai point de pot de chambre auprès de mon lit. J’ai un prie-Dieu, et je n’ai point de chaise ni de table dans ma chambre. J’ai un surplis2, et je n’ai point de chemise. J’ai un bonnet pour le jour, et je n’en ai point de nuit. J’ai une soutane, et je n’ai point de robe de chambre. À table j’ai des serviettes, des

1. Chapelle, que ses tantes avoient fait enfermer à Saint-Lazare, n’avoit que vingt ans lorsqu’il écrivit cette lettre, en envoyant la pièce suivante. (S.-Marc.)

2. Par ces mots : J’ai un surplis, et par ceux-ci qu’on va lire plus bas : j’ai une soutane, on peut conjecturer que Chapelle avoit été destiné d’abord a l’état ecclésiastique. (S.-Marc.)