Page:Œuvres de François Villon Thuasne 1923 t2.djvu/200

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


l88 FRANÇOIS VILLON

Œuvra (édit. Er. HaepfFner), t. I, p. 70, v. 338-339 (Soc. des an- ciens Textes fr.). — Quant aux traits empruntés par Villon, ils sont disséminés ailleurs dans le RoHiaii de la Rose. (Cf. mon volume Villon et Rabelais, p. 52 et suiv.)

V. 506. — Ces larges rains, ce sadinet...

— ce sadinet, c'est ce que Mathieu de Vendôme, au xii^ siècle, dans sa célèbre description du type de la Beauté (Descriptio forme Pulchritu- dinis) avait appelé « la délicieuse maison de Venus « :

Prima festivat loca cella pudoris, arnica Nature, Veneris deliciosa domus.

Lat. 8650, cité par Hauréau, Notices et extraits de quelques mss. Jat. de la Bihl. nationale, t. I, p. 396. — La pièce, comme dans Villon, est suivie de la Dcscriptio vetulae, vingt-quatre distiques d'un naturalisme qui défie toute traduction (p. 396-398). — Ce sadinet, chez Jean de Meun, est appelé « la chambre Venus » (t. II, p. 39, v. 13539). Il faut savoir gré à Villon d'avoir employé un mot qui ne blesse pas nos oreilles modernes par sa brutalité, à l'instar de ses contemporains qui ignoraient ces scrupules, aussi bien les hommes de science que les lit- térateurs « clercs et lais ». Cf., à ce propos, ['Introduction à. La Chirur- gie de maître Henri de Mandevilk, publiée par A. Bos (Soc. des anciens Textes fr.), t. I, p. xlv-xlvi ; une judicieuse remarque de L. Petit de JuUeville, La Comédie et les mœurs en France au moyen âge (Paris, 1886, m-8°), Introduction, p. 8, et mon volume Villon et Rabelais, p. 318, n. 2. La dissertation de Pierre Bayle Sur les obscénités est toujours intéressante à lire. Cf. la dernière édition, Bruxelles, 1879, in- 16.

Villon, dans ces deux huitains (v. 493-508) nous a donné une description de la beauté féminine telle qu'il la concevait et que la con- cevait son époque ; car ce type, essentiellement instable, a varié en France suivant les temps et les lieux. Deux exemples suffiront : dans le Lai deLanval, Marie de France (xiie s.), décrivant la beauté de la fée, écrit :

Le cors ot gent, basse la hanche.

Die Lais der Marie de France (édit. R. Warnke, Halle, 1885, Biblio- th-:ca normanica, III), p. 109, v. 569. De même, au siècle suivant, dans le Salut d'Amors (fr. 7218), l'auteur donne la description très complète des beautés d'une '< dame », et remarque que

Elle a biaus rains et basses hanches...

�� �