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ŒUVRES

phabets de l’Europe sont venus de l’alphabet grec, pris lui-même de l’ancien alphabet phénicien, autrement chananéen, lequel à son tour pourrait être chaldéen d’origine, autrement babylonien[1].

Parmi les écritures indoues, toutes celles qui servent au sanscrit se distinguent de la plupart des autres écritures anciennes de l’orient et de l’occident de l’Asie, par un plus grand nombre de caractères, tant des voyelles que des consonnes, et par la marche quelquefois bizarre de ces caractères ; mais elles s’en rapprochent par l’usage des groupes, qui remonte à la plus haute antiquité.

La marche des lettres en sanscrit est généralement horizontale et de gauche à droite.

Nous disons généralement ; car, dans les écritures du sanscrit, par exemple dans l’écriture dévanâgari, la lettre syllabique ra, quand elle est suspendue au-dessus de la ligne, et l’i bref de la forme, qui est médiale par sa nature, sont peintes transposées, en sorte qu’il faut prononcer la première avant celles qui la précèdent, et la seconde après celles qui la suivent : ainsi la première de ces lettres offre deux caractères ou davantage, agglomérés perpendiculairement, et pourtant elle marche de droite à gauche ; la seconde marche de gauche à droite ; mais toutes deux enjambent sur leurs

  1. Voy. The origin and Progress. of Writting, by Thomas Asile. Cap. IV, London, 1784, in-4° vol. Traité de la Formation mécanique des langues. Paris, an IX, t. I, p. 412. Histoire Naturelle de la Parole, de Gebelin ; in-8°, p. II, chap. IX, p. 129.