Page:Œuvres de Spinoza, trad. Appuhn, tome I.djvu/252

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Deux idées, poursuivrons-nous, soutenant le même rapport que les essences formelles qui en sont les objets, il s’ensuit que la connaissance réflexive s’appliquant à l’idée de l’Être le plus parfait l’emporte sur la connaissance réflexive des autres idées ; la méthode la plus parfaite sera donc celle qui montre selon la norme de l’idée donnée de l’Être le plus parfait, comment l’esprit doit être dirigé. Par où se connaît aisément comment l’esprit, à mesure que sa connaissance s’étend à plus de choses, acquiert de nouveaux instruments lui permettant de continuer avec plus de facilité à l’étendre. Avant tout en effet, comme il ressort de ce qui a été dit, doit exister en nous, comme un instrument donné de naissance, l’idée vraie dont la connaissance fasse connaître la différence existant entre une perception de cette sorte et toutes les autres. En cela consiste une partie de la méthode. Comme il va de soi, d’autre part, que l’esprit se connaît d’autant mieux que sa connaissance de la nature est plus étendue, il est constant que cette première partie de la méthode sera d’autant plus parfaite que l’esprit connaîtra plus de choses et qu’elle sera parfaite au plus haut point quand l’esprit s’applique attentivement ou réfléchit à la connaissance de l’Être le plus parfait. En second lieu, plus l’esprit sait de choses, mieux aussi il connaît ses propres forces et l’ordre de la Nature ; mais, mieux il connaît ses propres forces et plus aisément il peut se diriger et se donner des règles ; et mieux il connaît l’ordre de la Nature, plus aisément il peut se préserver des démarches inutiles ; et c’est en quoi consiste toute la méthode comme nous l’avons dit. Il faut ajouter qu’il en est objectivement de l’idée tout de même qu’il en est de son objet. Si donc il existait dans la Nature quelque chose