Page:Œuvres de Spinoza, trad. Appuhn, tome I.djvu/278

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simple, ou composée d’idées simples, telle l’idée faisant connaître comment et pourquoi une chose existe ou a eu lieu ; nous avons montré aussi qu’il en découle dans l’âme des effets objectifs proportionnés à l’essence formelle de son objet ; cela revient à ce qu’ont dit les anciens : que la vraie science procède de la cause aux effets ; à cela près cependant que, jamais que je sache, on n’a conçu, comme nous ici, l’âme agissant selon des lois déterminées et telle qu’un automate spirituel. Par là nous avons, autant qu’il se pouvait au début, acquis la connaissance de notre entendement, et une norme de l’idée vraie telle que nous n’ayons plus à craindre de confondre la vérité avec l’erreur et la fiction ; nous verrons maintenant sans étonnement que nous puissions connaître certaines choses qui ne tombent en aucune façon sous l’imagination, qu’il y en ait dans l’imagination qui contredisent à l’entendement et qu’il y en ait aussi qui s’accordent avec lui. Nous savons en effet que ces opérations, d’où naissent les images, se produisent selon d’autres lois, entièrement différentes des lois de l’entendement, et que l’âme, en ce qui concerne l’imagination, est dans la condition d’un patient. Par là se voit aussi avec quelle facilité peuvent tomber dans de grandes erreurs ceux qui n’ont pas distingué très exactement entre l’imagination et la connaissance. Dans cette classe rentrent, par exemple, les erreurs suivantes : que l’étendue, dont les parties se distinguent réellement les unes des autres, doit être en un lieu, qu’elle doit être finie, qu’elle est le premier et unique fondement de toutes choses, et occupe à un moment un espace plus grand qu’à un autre