Page:Œuvres de Spinoza, trad. Appuhn, tome I.djvu/283

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que toutes les lignes menées du centre à la circonférence sont égales ; et, que ce soit là une condition nécessaire de la définition, cela est de soi si évident pour celui qui y prend garde, qu’il ne paraît pas qu’il vaille la peine de s’arrêter à le démontrer, non plus que de tirer de cette deuxième condition cette conséquence que toute définition doit être affirmative. Je parle d’une affirmation de l’entendement, m’inquiétant peu de la verbale, laquelle, à cause du manque de mots pourra bien à l’occasion s’exprimer sous une forme négative, bien qu’elle soit entendue affirmativement.

Quant aux conditions d’une définition s’appliquant à une chose incréée, ce sont les suivantes :

I. Elle doit exclure toute cause, c’est-à-dire que l’objet ne doit avoir besoin pour s’expliquer d’aucune chose en dehors de son être propre.

II. Une fois donnée la définition de la chose, il ne doit plus y avoir place pour cette question : existe-t-elle ?

III. Elle ne doit pas, eu égard à l’esprit, contenir de substantifs dont on puisse faire des adjectifs, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas s’exprimer par des termes abstraits.

IV. Enfin (bien que ce ne soit pas très nécessaire à noter), il faut que de cette définition se puissent conclure toutes les propriétés de la chose. Tout cela est évident pour quiconque est attentif.

J’ai dit aussi que la meilleure conclusion se tirera d’une essence particulière affirmative : car plus une idée est spéciale, plus elle est distincte, et claire par conséquent. D’où suit que nous devons chercher par-dessus tout la connaissance des choses particulières.

Relativement à l’ordre maintenant et pour ordonner et unir toutes nos perceptions, il est requis et