Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/558

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pouvez me procurer des renseignements certains sur la personne, morte ou vivante, dont vous trouverez le signalement dans cette note. Je quitte Édimbourg incessamment. Vous pouvez m’adresser votre réponse par écrit chez M… (il nomma son agent d’affaires, un des premiers de la ville), ou chez Sa Grâce le lord grand-commissaire, » Ratcliffe s’inclina et sortit.

« J’ai offensé cet homme orgueilleux, » se dit Ratcliffe en lui-même, « en parlant de ressemblance… Et cependant, si le père de Robertson eût vécu dans le voisinage de la mère de Son Honneur, du diable si je saurais qu’en penser, quoiqu’il porte la tête si haute. »

Lorsque sir George fut seul avec Butler, il ordonna qu’on servît du thé et du café, et lorsque son valet, après avoir exécuté cet ordre, se fut retiré, il sembla réfléchir pendant une minute, puis s’adressant à son hôte, il lui demanda s’il avait reçu depuis peu des nouvelles de sa femme et de sa famille. Butler répondit, non sans quelque surprise, qu’il y avait quelque temps qu’il n’avait reçu de lettre, sa femme étant une assez mauvaise correspondante.

« Alors, dit sir George Staunton, c’est moi qui vous apprendrai le premier que l’on a fait une invasion dans votre paisible demeure depuis que vous l’avez quittée. Ma femme, à qui le duc d’Argyle a bien voulu permettre de disposer du château de Roseneath pendant un séjour de quelques semaines dans votre pays, a traversé le détroit et est venu établir son quartier-général au presbytère, pour être, à ce qu’elle dit, plus près des chèvres dont elle prend le lait, mais je crois plutôt qu’elle préfère la société de mistress Butler à celle du respectable personnage qui remplit les fonctions de sénéchal sur les domaines du duc. »

M. Butler répondit qu’il avait souvent entendu le feu duc et le duc actuel parler avec la plus haute estime de lady Staunton, et qu’il était charmé que sa maison pût recevoir quelqu’un de leurs amis ; c’était une bien faible marque de reconnaissance pour tous les services qu’il en avait reçus.

« Lady Staunton et moi ne vous en sommes pas moins obligés de votre hospitalité, monsieur, dit sir George. Puis-je vous demander quand vous avez l’intention de partir ? »

M. Butler répondit que sous deux jours l’assemblée aurait terminé ses séances, et que n’ayant plus aucune affaire qui le