Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/559

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retînt à Édimbourg, il repartirait le plus tôt possible pour le comté de Dumbarton ; mais qu’étant obligé d’emporter avec lui une somme assez considérable en argent et en billets, il désirait attendre le départ de deux ou trois ecclésiastiques de ses confrères pour voyager avec eux.

« Mon escorte sera encore plus sûre, reprit sir George Staunton, et j’ai l’intention de partir demain ou après-demain. Ainsi donc si vous voulez m’accorder le plaisir de votre compagnie, je me chargerai de vous transporter, vous et votre argent, sans accident au presbytère de Knocktarlity, pourvu que vous vouliez bien m’y admettre avec vous. »

M. Butler accepta cette offre avec reconnaissance, et le moment du départ fut fixé. Sir George dépêcha un de ses domestiques à Knocktarlity, avec des lettres pour les dames du presbytère, qui les prévenaient de leur prochaine arrivée ; et la nouvelle circula dans tout le voisinage que le ministre revenait avec un riche gentilhomme anglais, et rapportait l’argent destiné au paiement du domaine de Craigsture.

C’étaient les événements de la soirée qui avaient inspiré à sir George Staunton la résolution soudaine d’aller à Knocktarlity. Malgré l’importance dont il jouissait dans le monde, il sentait qu’il avait été trop hardi en se présentant si près des lieux jadis le théâtre de ses entreprises audacieuses, et le passé lui avait trop bien appris à connaître la pénétration de Ratcliffe pour s’exposer de nouveau à ses regards. Les deux jours suivants il resta chez lui sous prétexte d’indisposition, et prit congé par écrit de son noble ami le lord commissaire, alléguant comme excuse de son départ précipité d’Édimbourg, l’occasion qui s’était présentée de faire le voyage dans la compagnie de M. Butler. Il eut une longue conférence avec son agent au sujet d’Annaple Bailzou, et cet homme d’affaires, qui était aussi celui de la famille d’Argyle, reçut l’ordre de recueillir tous les renseignements que Ratcliffe ou d’autres pourraient obtenir sur le sort de cette femme et sur celui du malheureux enfant qui lui avait été remis, et aussitôt qu’il en aurait recueilli d’un peu importants, d’envoyer un exprès en porter la nouvelle à Knocktarlity. À l’appui de ces instructions, sir George laissa une somme d’argent en dépôt pour les frais nécessaires, recommandant qu’on n’épargnât pas la dépense : de telle sorte qu’il n’avait aucune raison de craindre la négligence des personnes qu’il chargeait de cette commission.