Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/569

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doute, tant qu’elle aurait de bonne eau-de-vie à son service, Duncan quitta le presbytère, rassembla ses gens, et se mit à battre le bois épais qui était entre le petit vallon et la baie de Hords-Cove, Davie, qui était le favori du capitaine à cause de sa hardiesse et de son courage, saisit l’occasion de s’échapper pour accompagner le grand homme dans ses recherches.


CHAPITRE LII et dernier.

FIN SANGLANTE.


Je t’ai envoyé chercher pour que le nom de Talbot pût revivre en toi quand la faiblesse et les infirmités de l’âge, réduisant les membres de ton père à l’incapacité, le forceraient à l’immobilité du repos. Mais, ô fatale influence des astres cruels sous lesquels je naquis !
Shakspeare, Henri IV, première partie.


Duncan et sa troupe n’avaient pas encore été bien loin sur la route qui devait les conduire à la baie du Bandit, quand ils entendirent un coup de feu qui fut promptement suivi d’un ou deux autres. « C’est sans doute quelques maudits braconniers qui tirent au chevreuil ; ayez l’œil au guet, mes camarades. »

Le cliquetis des sabres se fit bientôt entendre, et Duncan, s’étant hâté de se diriger avec ses gens du côté d’où partait le bruit, trouva Butler et le domestique de sir George entre les mains de quatre brigands. Sir George lui-même était étendu par terre, son épée nue à la main. Duncan, qui était brave comme un lion, déchargea immédiatement son pistolet à la tête du chef de la bande, dégaina son épée en criant à ses hommes : « En avant ! » et l’enfonça dans le corps de l’homme que son coup de feu venait de blesser, et qui n’était autre que Donacha-Dhu-Na-Dunaigh lui-même. Les autres brigands furent bientôt forcés de leur céder, excepté un jeune homme qui fit une résistance prodigieuse pour son âge, et dont on ne s’assura qu’avec la plus grande peine.

Aussitôt que Butler fut délivré des mains des brigands, il courut vers sir George Staunton pour le relever, mais il avait cessé d’exister.

« C’est un grand malheur, dit Duncan, et je crois que je ferai bien d’aller en avant préparer la bonne dame à cette nouvelle. Davie, mon ami, vous avez senti la poudre aujourd’hui pour la première fois. Prenez mon épée, et coupez la tête de Donacha ; ce sera un bon apprentissage pour la première fois que vous