Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/115

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LXVI.

Que me reservez-vous, destins malicieux,
Apres avoir san bris de ma douce esperance,
Contre le fier ecueil de si lointaine absance,
Qlle te n’ay que la mort pour object de mes yeux ?

Est-il encor supplice, impitoyables Dieux,
ou martire, ou douleur dont l’aigre violance
N’ait-je par mille assauts combatu ma constance,
Et blessé mon repos de cent traits soucieux ?

Par ce que ce Soleil qui m’a l’ame ravie
Esclairoit doucement le printemps de ma vie,
Jaloux vous m’en avez esclipsé le beau jour.

O Dieux ! cessez enfin d’enaigrir ma blessure,
Que s’il faut qu’en aimant ce bel astre je meure,
Hé ! reservez au moins mon trespas au retour.

LXVII.

Peintre aveugle et cruel qui sur mille tableaux
Figurez la beauté des astres que j’adore,
Pourquoy mes fiers soucis dont l’ardeur me devore
Ne sont-ils en pourtrais ainsi que ses flambeaux ?

Pourquoy le fouvenir de ces Soleils jumeaux
Precipite mes tours loin de leur douce aurore,