Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/121

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STANCES.



Les oyseaux parmy l’air et les poissons dans l’onde,
La piralide au feu, et les hommes au monde,
Moy je vis au milieu de tous les elements :
Car mes souspirs sont l’air, et mes desirs la flame,
Mes larmes sont la mer, et la terre mon ame,
Immuable tousjours au choc de mes tourments.

Sur la mer de mes pleurs s’esleve maint orage,
Qui porte mon espoir à un triste naufrage,
Quand à mon cher desir ma belle Ourse ne luit :
Et comme d’un fetu les tourbillons se jouent,
Ainsi violemment les souspirs me secoüent,
Et de mon plus beau jour font une obscure nuit.

Si pour punir l’horreur de mille et mille crimes,
O Ciel ! tu veux encor soubs les ondeux abismes
Engouffrer l’univers, mes pleurs le noyeront :
Et s’il faut que le feu devorant les campagnes,
Rampe à bouillons fumeux aux sommets des montagnes
Pour le reduire en cendre, hé ! mes feux le feront.