Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/129

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Pourquoy de ses beaux yeux la trompeuse clarté
Ne rend à ses attraits mes attantes pareilles,
Ou pourquoy en oyant son infelicité,
Ne suis-je sans oreilles ?

Viens ô mort pitoyable à mon cœur qui t’attend,
Puisque je suis deschu du beau ciel de ma gloire,
Mais si je perds mon heur, pourquoy cheris-je tant
Son ingrate memoire ?

Seray-je plus sensible à l’amour et au dueil,
Qu’à l’oubly, seul remede à ma douleur extreme ?
Il faut qu’estant prisé du beau jour de son œil,
Je le sois de moy-mesme.

Sortez donc de mon cœur pitoyables sanglots.
Et vous mes cheres pleurs arrestez vostre course,
Je veux que mes regrets, quand mes jours seront clos,
N’ayent plus de resource.

Mais ô belle ennemie et d’Amour et de moy,
Pourquoy me paissois-tu d’une douce esperance,
Si tu devois, helas ! ou mespriser ma foy
Ou trahir ma creance ?

Au point que te te vis, pourquoy pour des regards
N’avois-tu des esclairs, de foudres, et d’otages ?
Blessé violemment de ces desdaigneux dards,
J’eux cessé mes hommages.