Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/294

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Scène 3

Silvandre, Cléande.



Silvandre

Alons, cheres brebis, ja la nuit est venue,
Et ici l’Astre argente d’une pointe cornue
Commence d’esclairer les ombres de la nuit.
Toutes fois ce soucy impiteux me poursuit,
Et soit que le Soleil luise de vers l’aurore
Ou au triste occident, cest oiseau me devore,
Je dis Amour cruel qui se paist de mon cœur,
Inhumaine Cleande et ingrate douleur.


Cléande

Le portraict du Berger dont j’ay l’ame blessée
Est si bien figuré aux yeux de ma pensee,
Qu’il me semble à tout point de le voir ou pleurer,
Ou se plaindre de moy, ou pour moy souspirer.


Silvandre

Mais ne le vois-je pas ?O Dieux, quelle merveille,
Mes yeux me tromper-vous ! je dors ; non fais, je veille ;
Je la vois, ouy c’est elle. Honneur de ces forests,
Qui tiens ma liberté surprise dans tes rets,