Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/301

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Nous repaissans de l’air, et sont que nos enuies
De regrets et de pleurs sont tristement suivies,
Je le sçay, moy qui n’ay pour object de mes yeux
Que la chere beauté d’un Astre gracieux,
Mais las ! par trop cruel ! toutes fois sa lumiere
Fst si douce à mes yeux, que l’aube mariniere
Me semble vite ombre au jour de sa chere clarté.

Mais ores que mon œil voilé d’obscurité
N’a de plus doux object que son idole aymee,
Donnons air aux ardeurs de mon ame enflamée,
Ce nuage mossu et le bruit de ces eaux
Et le vent qui souspire au pied de ces ormeaux,
Sera le seul tesmoin de ma plainte sterile.
O chaste souvenir de la belle qui file
La trame de mes jours, idole de mon cœur,
Que tu plais à mon ame, et toy douce langueur,
Combien je te cheris !


Silvie

Combien je te cheris !Silvie infortune,
Ta vois donc incliner ta naisante journee
Devers l’ombreux couchant, pour un ingrat Berger
Qui ne veut ton amour en son ame loger,
Donc, mais ne vois-je pas mon farouche Silvandre !
Las ! c’est luy mesme, allons, que sert de plus attendre ?
Mon ame chasse loin cest impiteux orgueil.
Seras-tu donc tousjours insensible à mon dueil ?