Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/305

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J’estains de l’eau d’oubly ce feu qui me brusloit,
Et mesprise celuy qui ores me fouloit
Soubs les pieds du desdain : mais que dit-tu, Silvie,
Mesprifer ce bel œil qui te tient asservie,
Tramer une infortune à celuy que l’Amour
A choisi pour Soleil au matin de ton jour !
He ! change de dessein et avec l’esperance
Effaye de calmer ta cruelle souffrance.
Apres que sur la mer les venteux tourbillons
Ont mutins esveillé la fureur des seillons,
Le Ciel les adoucit : ainsi apres l’orage
Dont les cruels mespris ont aigri ton servage,
Ses yeux, doux Alcions de ceste mer d’amour,
Rendront piteusement le serein à ton jour,
Espere donc, chertive et fidelle Silvie,
Que ton Berger finisse ou ton dueil ou ta vie.