Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/348

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Silvie

Allons. Hélas ! ô Dieux !Leve toy !


Philis

Allons. Hélas ! ô Dieux ! Leve toy !C’est en vain,
Mes pieds sont de rocher, et jà, des-jà, mon sein
S’endurcit, ô Amour ! que juste est ta vengeance !
Ha ! inhumain mespris ! ha ! superbe insolance,
Qui me ravit la vie au point de son resveil,
Ha ! desdain ! ha ! fierté, ha ! rigueur, ha ! orgueil !
Helas ! cher Calidon, mais trop tard, mon idole,
Prends avec ce souspir mon ame qui s’envole
Vers toy, trop justement irrité contre moy.
Et toy Silvie adieu.


Silvie

Et toy Silvie adieu.Ciel ! qu’est-ce que je voy ?
Philis, chere Philis, tu n’as donc plus de vie ?
Ha ! estrange accident, pense à toy donc Silvie,
Et ne sois plus cruelle à Tirsis que l’Amour
A rendu ton esclave, et ne perds point le jour
Pour estre trop farouche. Adieu donc, cher Silvandre,
Car je vay maintenant tributaire me rendre
A Tirsis autresfois l’object de mon mespris :
Je veux que mon desir de son amour espris,
Ne vise que pour luy, et que dessus ma face
L’Amour et la pitié desormais ayent leur place :
Mais le voicy à point, il faut feindre pourtant.