Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/349

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Scène 5

Tirsis, Silvie.



Tirsis

Soleil, vis-tu Berger si heureux et contant,
Depuie que j’ay brisé mon amoureuse chaine,
Mais ne vois-je point là ceste belle inhumaine ?
Armez-vous de mespris mes yeux, et toy, mon front,
Ramasse ton sourcy.


Silvie

Ramasse ton sourcy.Un penser vagabond,
Incertain et craintif, luy glace le courage
Sans doute.


Tirsis

Sans doute.Ha ! c’est en vain que ton pipeur visage
Se cache à mes regards, tu n’as plus de pouvoir
De me paistre du vent d’un amoureux espoir,
Je ne crains plus l’appas de ta pipeuse veue,
Mon ame deformais n’y fera plus deceue.


Silvie

Mais d’où vient que son œil semble orné de desdain,
Et son front de mespris ?