Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/364

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Semondre à son retour mon trop tardif Silvandre.
S’il est vray que mes yeux t’ayent sceu jamais prendre,
Comment sans leur adueu t’en peus-tu separer ?
Et comment as-tu peu si longtemps demeurer
Sans me voir, si ma veue estoit jadis ta vie ?
Ton ame est-elle point à mon joug asservie ?
M’aymes-tu pas, Silvandre ? ouy, car tu l’as juré,
Et tu vis cependant loin, bien loin, esgaré,
He ! reuviens tost, ou crois, trop paresseux Silvandre,
Que ta Cleande, helas ! je meurt par trop attandre.


Scène 6

Silvandre, Tirsis.



Silvandre

Retarde encor un peu ta carriere, beau jour,
Pour jevoir auec moy ce bel Astre d’Amour,
Luy seul plaist à mes yeux, et sa douce lumiere
Repaist de ses appas mon ame prisonniere.


Tirsis

Silvandre je te plains.