Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/395

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Lors de mes tristes yeux quelque larme distinct,
Helas ! bientost tarie, ainsi qu’aux tours d’esté
Le debile surgeon d’un cristal argenté.
Alors de mes pensers la foule vagabonde,
Figurant mes forfaits, se trouble ainsi que l’onde,
Quand l’Aquilon venteux irrite son courroux,
Mon Soleil qui jadis favorablement doux,
Faisoit luire sur moy sa piteuse lumiere,
A de mon horizon eslongné sa carriere :
Il est ores pour moy au point de l’Occident,
Et son œil courroucé ne me va regardant
Sinon comme l’object de sa juste colere :
Et moy chetif je voy l’orage de misere
Fondre dessus mon ame ainsi qu’un trait foudreux
Suivi de maint esclairs sans craindre que ses feux
Ne m’aillent consumant. Las ! que ne fut ma vie
Par la fiere rigueur de la Parque ravie,
Avant que de plier soubs l’impudique effort
Qui me rend le butin de l’éternelle mort !
Si l’amour de mon Dieu ne rappelle mon ame,
Que ne cessa le ciel d’ourdir la noire trame
De mes buts malheureux, paravant que mon cœur
Forçast mon beau Soleil d’eclipser sa lueur,
De mon œil hommager des vanitez du monde ;
Ou que ne devient-il une source feconde
De larmes et de dueil pour pleurer son péché ?
Mais quand viendra le jour que mon Soleil caché
Fera luire les rays de sa douce lumiere
Sur un coulpable chef, que sa fureur meurtriere