Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/87

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XXIV.

Pitoyable jouet d’une douleur profonde,
Mon espoir va flotant au milieu des fureurs
Du vent de mes souspirs et du flot de mes pleurs,
Tout ainsi qu’une nef sur les vagues de l’onde.

Du fort injurieux la rigueur vagabonde,
Qui charge tristement en espines mes fleurs,
Redouble mes ennuis dont les aspres rigueurs
Rendent ma triste bouche en complaintes feconde

Que si le souvenir de ce jumeau Soleil
Dissipe doucement le douloureux sommeil
Qui cille ma paupiere au beau jour des delices.

Amour impitoyable et le rigoureux fort
Estouffent ce plaisir soubs de nouveaux supplices,
Agreables pourtant si j’y trouve la mort.

XXV.

Beauté dont les attraits emprisonnent les Dieux,
Subtils filets de feu qui liez ma franchise,
Vostre douce prison où mon ame est esprise
M’est plus chere cent fois que la clarté des Cieux.

Sitost que vos regards ont esclairé mes yeux,
J’ay veu ma liberté si doucement ravie,