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INTRODUCTION

Les royalistes essayèrent de corrompre des clubistes populaires ; mais ce fut sans succès.

On trouva dans l’armoire de fer une note indiquant que les assemblées et clubs coûtaient quatorze mille livres, les intelligences à conserver dans les clubs onze mille livres, plus quatre orateurs dans chaque section à trois cents livres, soit quarante-trois mille deux cents livres. Pour une pareille somme, la majorité des clubistes ne pouvait être entamée. A de rares exceptions près, les réactionna-ires, les partisans de la royauté absolue, ne réussirent pas à acheter des consciences. Leur plan fut vite deviné par les masses. Le parti de la cour était appelé Parti de l’Œil-de-Bmif^ à Versailles, comme il le fut à Paris (I). Il agissait beaucoup^ mais sans effets réels. Il produisait un courant contraire à ses vues, entravait le mouvement, mais ne parvenait pas à l’arrêter. Loin de là, il faisait naître l’union temporaire des amis de la Révolution, lors des grandes journées, — le 14 juillet, le 4 août 1 789, la fuite du Roi, le 20 juin et le 10 août 1792, la proclamation de la République, et le décret qui déclarait la « Patrie en danger ».

IV

Telle fut la première période de réaction, allant de 1789 à 1793, uniquement monarchique, religieuse et nobiliaire, repoussée de toutes parts, énergiquement, par les patriotes encore unis dans la même pensée d’émancipation. Cette période de réaction fut très sérieuse, car elle grossit de jour en jour, accrue tantôt par les émigrés, tantôt par les prêtres insermentés, tantôt par les insurgés de l’Ouest, tantôt enlin par les mécontents que faisait la réussite des partis vainqueurs, des Jacobins^ des Cordeliers, des membres de la Commune^ des patriotes suivant leur voie malgré l’Europe coalisée, déliant les souverains étrangers, résolus à périr ou à assurer le triomphe de la démocratie. Période intéressante et assez longue.

A diverses reprises, les émigrés, les prêtres insermentés et les insurgés de la Bretagne et de la Vendée s’entendirent, de (1) Voir, plus bas, Comiiù autrichien.