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LES CLUBS CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES

leur côté, pour enrayer la Révolution ; trop souvent les rebelles à la loi, par ambition ou entêtement, contribuèrent consciemment ou inconsciemment à créer des embarras politiques dont l’effet principal fut de pousser les gouvernements successifs aux violences et à l’arbitraire. Journalistes, clubistes, administrateurs, tous les Français voués à la politique s’engagèrent dans une série de luttes où chacun finit par perdre le calme nécessaire aux hommes qui dirigent les affaires d’un pays. La mêlée faisait présager des années effroyables. Le point de départ de la Terreur est, quoi qu’on ait pu dire, la première période de réaction, pendant laquelle, déjà, des trahisons à l’intérieur et aux armées, des provocations perpétuelles adressées aux patriotes, des paniques causées par les alarmistes rendirent tout accord impossible et firent dévier plus d’un caractère honorable. Des gens d’espèces les plus diverses, qui vivaient de leurs relations avec les aristocrates, étaient essentiellement contre-révolutionnaires. Quand arriva la seconde période, — de 1793 à la moitié de l’année I 794, — comprenant la tragique lutte des Girondins avec les Montagnards et le triomphe des Robespierristes, jusqu’à la réaction thermidorienne, l’opposition des clubs royalistes cessa tout d’abord, (^elle des Girondins, tombés du pouvoir, continua sourdement à la veille du 31 mai 1793. Puis, sous le nom à’IndîUgents, plusieurs révolutionnaires bien connus pour leur ardeur et leur audace soutinrent le choc des partisans exclusifs de Robespierre, de Couthon et de Saint-Just, — le Tfkmiviral^

— qui les accusèrent de tremper dans la réaction, d’être modérés, ambitieux, hommes d’Etat, même royalistes. Donc, réactionnaires furent les hommes de la Gironde en face des hommes de la Montagne, puisqu’ils n’adoptaient pas la marche suivie par leurs adversaires ; réactionnaires furent les JDantonistes, puisqu’ils s’arrêtèrent, eux aussi, devant les Robespierristes, et devinrent les modérés de la Montagne, puisqu’ils voulurent terminer la Révolution par la clémence. Mais rien ne prouve qu’ils conspirèrent avec d’Orléans et Dumouriez, qu’ils se vouèrent au fédéralisme, qu’ils eurent la pensée de rétablir la monarchie, de détruire la représentation