Page:Abd-Allâh ibn Abd-Allâh - Le présent de l'homme lettré.djvu/33

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Donc Paul est devenu chrétien par l’intermédiaire d’Anâniyâ et Luc par celui de Paul, dont il a pris le livre de l’Évangile. Ni l’un ni l’autre n’ont connu personnellement Jésus. C’est vraiment un embrouillamini dans lequel se trouve la preuve de leur erreur.


Marc.


Il n’a pas connu Jésus. Après l’Ascension il s’est converti au Christianisme par l’intermédiaire de Pierre[1], l’apôtre, dont il a reçu l’Évangile dans la ville de Rome.

Dans bien des questions importantes Marc diffère considérablement des trois autres Évangélistes, comme nous le démontrerons au § 6, si Dieu le permet.


Jean.


Il est fils d’une tante de Jésus[2]. Les chrétiens racontent que Jésus, assistant aux noces[3] de Jean, y fit son premier miracle, en changeant l’eau en vin. À la vue de ce miracle, Jean abandonna sa femme, suivit la religion de Jésus et l’accompagna dans ses voyages.

Les chrétiens racontent encore que Jésus recommanda sa mère Marie à Jean, le fils de sa tante, et cela au moment où les Juifs l’entouraient pour s’assurer de sa mort. Il lui dit : ô Jean, je vous recommande ma mère, car elle est ta mère. Et il dit à sa mère : Je vous recommande Jean, car il est ton fils. Or ce Jean est le quatrième de ceux qui ont écrit les quatre Évangiles, comme nous l’avons déjà dit, mais cette histoire ne se trouve absolument pas chez les trois autres. Au reste Jean a écrit un Évangile en langue[4] grecque dans la ville d’Éphèse[5].

Voilà donc les quatre qui ont écrit les quatre Évangiles. Ils les ont altérés, changés et y ont mis des erreurs. Quant à l’Évangile que Jésus a apporté, il est un et unique, sans contradictions et sans divergences, tandis que pour ce qui concerne les quatre évangélistes, on remarque chez eux et entre eux des contradictions, des diver-

  1. Pîtro.
  2. D’après la tradition, en effet, Salomé, mère de Jean, aurait été la sœur de Joseph.
  3. Var. : au repas.
  4. Var. : avec une plume grecque.
  5. Ce qui est conforme à la tradition générale. Les mss. n’ont conservé que la fin de ce mot et lisent Sôs ou Soûs.