Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/36

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ALBIN.

Eh quoy, Seigneur ?



CORIOLAN.

C’eſt Virgilie.
Albin, je ſuis perdu.







Scène IV



CORIOLAN, VIRGILIE, ALBIN.



VIRGILIE.


NE vous allarmez pas,

Seigneur, je ne viens point excuſer des ingrats.
De nos murs eſbranlez par tant d’efforts funeſtes,
Je ne viens qu’appuyer les déplorables reſtes.
Abbaiſſez la fierté de ce Peuple mutin :
Aux ordres du Sénat ſoûmettez ſon Deſtin.
En ſubiſſant ce joug, il ſubira le voſtre :
Mais du joug eſtranger ſauvez & l’un & l’autre ;
Contentez-vous enfin de regner ſur les cœurs.
Eh quoy ? par ces regards condamnez-vous mes pleurs ?
Me reconnoiſſez-vous ? ſuis-je voſtre ennemie ?
Et croyez-vous, Seigneur, voir icy Virgilie ?



CORIOLAN.

Je ne le croy que trop, Madame, & plûſt aux Dieux
Que mon timide cœur peut démentir mes yeux !
Vous ne me verriez point cõfus, hors de moy-meſme
Vous prouver par ma crainte à quel point je vous aime.