Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/40

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Vous l’amenez icy.



VIRGILIE.

Non, ce n’eſt point, Seigneur,
Ma mere, qui vous vient oppoſer ſa douleur :
C’eſt la voſtre.



CORIOLAN.

La mienne ? Ah juſtes Dieux, Madame,
Qu’entens-je ? Quels aſſauts livrez-vous à mon ame ?
Quoi ? d’un commun accord, & dans un meſme jour,
Vous armez contre moy la Nature & l’Amour ?



VIRGILIE.

Ne craignez rien ; pour peu que vous vouliez attendre,
Ce n’eſt que contre moy qu’il faudra vous defendre.
Voſtre Mere accablée & d’âge & de ſoucy,
Seure d’un prompt trépas vous attend prés d’icy.
Laiſſez-la : refuſez à ſa preſſante envie
Un moment d’entretien qui luy rendroit la vie.
La mort vous va bien-toſt delivrer de ſes cris.



CORIOLAN.

Eh de grâce, eſpargnez voſtre amant, & ſon fils.
Mais j’empeſcheray bien qu’en obligeant Aufide,
Ma gloire à ma vertu ne couſte un parricide.
Courons, Madame, allons tous deux à ſes genoux,
La rendre, s’il ſe peut, plus traitable que vous.



Fin du premier Acte.