Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/48

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Nous nous flations tandis qu’il aimait parmy nous,
Que ſon amour pourroit balancer ſon courroux :
Mais enfin vos appas engageant ce grand homme,
Rompent le ſeul lien qui l’attachoit à Rome :
Nous perdons tout eſpoir de détourner ſes coups,
Et Rome eſt à vos piez, ſi ſon cœur eſt à vous.



CAMILLE.

Oüy, ſon cœur eſt à moy : mais ſa foy chancelante
Tient encor mal-gré luy pour ſa première amante ;
Faites qu’avec ſon cœur il me donne ſa foy,
Je fais lever le Siege.



VIRGILIE.

Ô Dieux ! à quelle loy,
Voulez-vous…



CAMILLE.

Je voy bien ce qui vous inquiete :
Virgilie aura lieu d’eſtre peu ſatisfaite.
Mais ſur vos ſentimens Rome a bien d’autres droits
Vous le dites au moins, Madame, & je vous crois.
Rendez-luy le repos. Vous n’avez qu’une voye
Pour aller dans ſes murs répandre cette joye :
Mais elle eſt ſeure, & dés que vous l’aurez voulu,
La paix eſt reſoluë & le traité conclu.
C’eft, Madame, qu’il faut que vous & Virgilie,
(Car vous ſeules pouvez ſauver voſtre Patrie)
Par un heureux effort ſecondant mes ſouhaits,
Vous ſoyiez les liens de cette illuſtre paix.
Il faut que par vos mains nos diſcordes finiſſent ;
Que par un double Hymen nos deux Peuples s’uniſſent ;
Et que Coriolan devenant mon eſpoux,
Aufide ſoit le voſtre.



VIRGILIE.

Ô Ciel ! que dites-vous ?