Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/52

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Je ſçauray ſans peril, ſi vous m’en voulez croire,
Avec leur liberté ménager voſtre gloire.
N’y prenez nulle part ; laiſſez-m’en tout le ſoin.
C’eſt à moy.



CORIOLAN.

Vos bontez, Madame, vont trop loin.
Mais auprés de l’objet que voſtre frere adore,
Je ne puis m’empeſcher de le ſervir encore ;
Je l’ay promis. Sans doute apres cette faveur
Valerie aura peine à défendre ſon cœur.
Un moment d’entretien…



CAMILLE.

N’en prenez point la peine,
C’en eſt fait. Je l’ay ſçeu rendre moins inhumaine :
Aufide par mes ſoins a vaincu ſes mépris :
Et bien-toſt… Mais, Seigneur, vous paroiſſez ſurpris ?



CORIOLAN.

Madame… dans ſon cœur Aufide a trouvé place ?
Se peut-il…



CAMILLE.

Avouez ce qui vous embarraſſe :
Vous vouliez par l’effet d’un zele genereux,
Que mon frere vous deuſt le ſuccez de ſes feux.
Il ne le doit qu’à moy : laiſſez-m’en donc la gloire :
Et ne me venez point troubler dans ma victoire.
Adieu, je vais haſter leur départ de ce pas ;
Mais laiſſez-moy de grace, & ne me ſuivez pas.